Català / catalan Présentation Données
du rapport Euromosaic

- Introduction à la langue
- La
langue dans le pays où elle est parlée
- Données
générales sur la communauté linguistique
- Description
géographique, démographique et linguistique
- Histoire
générale de la région et de la langue
- Statut
juridique et politique officielle
- Présence et
usage de la langue par domaines
- Enseignement
- Autorités
judiciaires
- Autorités et services publics
- Masse
média et technologies de l'information
- Production
et industries culturelles
- Le monde des affaires
- Usage
familial et social de la langue
- Echanges transfrontaliers
- Conclusion
1. Introduction
à la langue Cette rubrique ne contient
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2. La langue
dans le pays où elle est parlée Cette
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2.1. Données générales
sur la Communauté linguistique Cette rubrique
ne contient pas de données pour cette langue. [Retour
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2.2. Description géographique,
démographique et linguistique La variante géographique
du catalan parlée en France a été traditionnellement connue
sous le nom de catalan septentrional ou roussillonnais. Le domaine linguistique
du catalan en France (connu sous le nom de Catalunya Nord), correspond
au département des Pyrénées Orientales -excepté le
canton occitanophone de la Fenolleda- qui comprend sept zones géographiques:
la Cerdanya, le Capcir, le Conflent, les Aspres, les
Corberes, le Vallespir et le Rosselló. Sur le plan
géographique, le territoire présente trois zones distinctes: la
plaine qui s'étend du nord au sud (des Corbières aux Alberes), la
plaine du Roussillon qui s'étend du littoral méditerranéen
au massif du Canigou (en catalan, Canigó); et les vallées
et bassins de la haute montagne. La Catalogne Nord (363.793
habitants en 1990) présente de nombreux déséquilibres quant
à la distribution de la population sur le territoire. En effet, 80% de
la population et 95% de l'activité agricole se concentrent sur moins de
30% du territoire (la plaine du Roussillon). La capitale de la région,
Perpignan (en catalan, Perpinyà) a 108.049 habitants et concentre
la plupart des activités économiques. Excepté la capitale,
il n'existe aucun centre urbain de plus de 10.000 habitants: les petites villes
entre 2.000 et 10.000 habitants concentrent près de 42% des habitants de
la Catalogne Nord. L'expansion démographique de Perpignan
commença dans les années cinquante et s'accéléra par
la suite en raison de l'exode rural vers la capitale, le rapatriement des Pieds-Noirs
d'Algérie (15.000 personnes entre 1962 et 1968) et l'affluence de retraités
provenant du nord de la France. Parallèllement, il existe un fort mouvement
de déplacement des jeunes vers le nord du pays (environ 50%) et une certaine
diminution du nombre d'immigrés (principalement Algériens, Marocains
et Portugais). Sur le plan économique, à la
fin des années quatre-vingt près de 13% de la population active
travaillait dans le secteur agricole (contre 8% pour la moyenne de la France),
où prédomine la petite propriété à exploitation
directe consacrée aux fruits et légumes, à la production
viticole et, dans une moindre mesure, à l'élevage. En revanche,
le secteur industriel est actuellement très mal en point, de même
que ceux du bâtiment et des travaux publics. Le secteur secondaire occupe
environ 23% de la population (30% pour la moyenne française). Le secteur
tertiaire est le plus développé, vu qu'il occupe 65% de la population
suite à l'expansion des activités touristiques, des besoins en services,
commerces et fonctionnaires spécifiques pour les retraités et des
secteurs d'appui à l'agriculture (recherche technologique, assurances,
transports, etc.) Le taux de chômage dans la région
(qui touche surtout les jeunes et les femmes) est néanmoins considérable
et continue à augmenter: 14% en 1984, 16% en 1989 et 18% début 1991
(alors que la moyenne française était de 10%). Cette situation est
aggravée par le fait que le PIB de la région Languedoc-Roussillon
est le plus bas de la France continentale. Les données
fournies par une enquête récente font état que 49% des personnes
interrogées (environ 140.000 personnes) déclarent savoir parler
le catalan, bien que 16% de celles-ci disent éprouver des difficultés
dans l'expression à cause de leur manque de maîtrise. La compétence
linguistique augmente de pair avec l'âge: 16% des 18-24 ans parlent bien
le catalan, contre 73% chez les plus de 65 ans. Dans les communes de moins de
1.000 habitants, 70% des gens savent parler le catalan, alors qu'ils ne sont que
39% à Perpignan. L'usage du catalan est beaucoup plus répandu parmi
les agriculteurs (72%) et les retraités (63%) que dans les autres secteurs
sociaux. En ce qui concerne l'usage, 66% des catalanophones
déclarent parler le catalan souvent, 23% occasionnellement, 7% rarement
et 3 % ne le parlent jamais. L'usage du catalan est plus fréquent au sein
de la famille ou avec les amis (66%) qu'avec les personnes âgées
(37%) ou lors des échanges courants (37%). En outre, 61% de catalanophones
considèrent que leur pratique langagière est stable; 21% pensent
qu'elle régresse et 19% pensent qu'elle augmente. A l'exception des 18-24
ans, plus on est jeune, et plus on pense que la pratique augmente. Quelque 55.000
personnes déclarent savoir lire le catalan sans difficulté, tandis
que les agriculteurs et les étudiants sont les plus nombreux à savoir
l'écrire (25%). [Retour au sommaire]
2.3. Histoire générale de
la région et de la langue Le Traité des
Pyrénées (1659) établit l'annexion par le royaume de France
des comtés catalans septentrionaux. Les rébellions se succédèrent
à partir de 1662, mais sans succès à cause de la forte répression
des nouvelles autorités. Dans ce contexte, la défense du catalan
constituait un des piliers de la résistance à l'annexion. Jusqu'aux
dernières années du XVIle siècle, l'usage du français
dans la région n'était qu'exceptionnel dans la mesure où
le catalan était encore la langue prépondérante dans tous
les documents officiels. Dès 1682, cependant, la francisation commença
dans le domaine scolaire à Perpignan, et s'étendit par la suite
dans les différents domaines de la vie publique, et même de la vie
privée. Le seul usage du français dans l'administration à
partir de 1700 allait saper progressivement la base écrite du catalan,
bien que celui-ci continua de survivre dans les usages oraux des paysans, du bas-clergé
et des écoles rurales religieuses. Le processus de
francisation peut être décomposé en trois étapes: (1)
une francisation horizontale et sélective qui permit à certains
groupes sociaux de maintenir leur position hégémonique, sans que
ne soient mises en place des politiques répressives générales;
(2) par la suite, la francisation s'étendit spontanément vers le
bas étant donné que les classes moyennes tentèrent de se
franciser à l'instar des classes dominantes; (3) la francisation devint
de plus en plus coercitive dans la mesure où le processus d'imitation se
faisait trop lentement au goût des autorités. L'appareil éducatif
assuma, pour l'essentiel, cette mission, surtout à partir des lois scolaires
de Jules Ferry. Finalement, l'intégration au marché national et
la participation aux deux guerres mondiales consolidèrent ce processus
de substitution. Il existe de nombreuses organisations de
promotion visant principalement l'introduction et l'usage du catalan dans le secteur
éducatif, comme par exemple la Federació per a la Defensa de
la Llengua i de la Cultura Catalanes (qui regroupe en son sein une cinquantaine
de petites organisations) qui a mis en place de nombreuses campagnes de "catalanisation".
En 1968 fut fondé l'Institut Rossellonès d'Estudis Catalans
(IREC), tandis que le GREC créait l'Universitat Catalana d'Estiu à
Prades (en catalan, Prada) en 1969. D'autres organisations dignes d'intérêt
aujourd'hui sont: Ómnium Cultural Catalunya-Nord (qui collabore
activement aux initiatives réalisées par ses partenaires de la Catalogne)
et la Federaciô Sardanista (qui réunit chaque week-end entre
200 et 300 personnes, dont près de la moitié sont catalanophones).
Les actions et les revendications réalisées dans le secteur de l'enseignement
par les associations des écoles catalanes La Bressola (fondée
en 1976) et Arrels (fondée en 1980) se sont étendues à
tous les domaines de la vie quotidienne. Un exemple très signfficatif a
été la mise en place de Ràdio Arrels, qui émet
entièrement en catalan. Finalement, l'association APLEC rassemble tous
les secteurs consacrés à l'enseignement du catalan. Certaines
associations ont reçu au cours de ces dernières années une
aide de la CE sous forme de subventions visant à mettre en place des activités
de développement de la culture catalane, des éditions en catalan,
la création d'oeuvres littéraires et artistiques, l'établissement
d'échanges culturels entre les deux Catalognes, l'application de projets
de promotion de la langue à l'école primaire, actions dans le secteur
culturel, etc. [Retour au sommaire]
2.4. Statut juridique et politique officielle Bien
que le catalan soit considéré comme une des langues régionales
de France, elle ne jouit d'aucun statut juridique spécifique. Cependant,
la Région Languedoc-Roussillon a créé un organisme officiel
ayant pour mission la promotion de la langue et culture catalane et occitane.
Il existe également un Intergroupe Langues et Cultures Régionales
au sein du Conseil Régional. Sur le plan local,
la municipalité de Perpignan a promu la langue et la culture catalanes
au moyen de différentes actions, comme la création en 1978 du
Centre de Documentació i Animació de la Cultura Catalana (CEDACC),
qui se compose d'une bibliothèque, d'un service de documentation et d'une
salle d'expositions. Le CEDACC a récemment augmenté ses activités
suite à la création d'un service de catalan et de consultation linguistique,
l'organisation de cours de catalan pour les fonctionnaires municipaux et de cours
d'adultes, ainsi que des cours de catalan au niveau préscolaire et dans
les écoles primaires. (1.000 élèves en 1993-1994). Depuis
1981 il décerne des prix annuels de littérature et audiovisuels. [Retour
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3. Présence
et usage du catalan par domaine 3.1.
Enseignement La Loi Deixonne (1951) permit l'introduction
du catalan comme matière facultative dans les études secondaires
(une heure hebdomadaire), bien que cette matière n'eusse aucune valeur
pour l'obtention du Bac. Un certificat d'études supérieures de catalan
était délivré à Montpellier, mais seulement aux effets
de l'obtention d'une licence libre. En 1962, suite à des négociations
entre le Ministère de l'Education Nationale et les représentants
du DPLF, il fut approuvé que l'épreuve de langue régionale
serait prise en compte dans le Baccalauréat. La circulaire ministérielle
de 1982 (circulaire Savary) augmenta les possibilités offertes par la Loi
Deixonne en permettant l'enseignement de la langue catalane pendant trois heures
hebdomadaires au primaire et au secondaire, ainsi que l'enseignement de quelques
matières en catalan. Son successeur supprima le tiers-temps où étaient
inclues les matières comme le catalan. Dans l'enseignement
public maternel et primaire (3-11 ans), il existe un cours d'initiation à
la langue et à la culture catalanes (une heure et demie par semaine), qui
est actuellement suivi par 28% des élèves (environ 10.000 enfants).
L'enseignement bilingue est une filière officielle mise en place à
Perpignan en 1994. Bien que seuls les élèves de deux classes de
maternelle aient un enseignement bilingue, il est prévu que la filière
s'étende à l'enseignement primaire. La municipalité de Perpignan
collabore à l'enseignement du catalan au niveau pré-scolaire (3-5
ans) et primaire (6- 1 1 ans), où l'enseignement dépend également
du choix du professeur. A partir du mois de janvier 1994, la municipalité
de Perpignan a également contribué au financement d'un milier d'heures
de cours de catalan, ce qui a permis à quelque quatre-cent élèves
des écoles maternelles et primaires de la ville de pouvoir suivre deux
heures hebdomadaires de cours de catalan. L'enseignement
entièrement bilingue catalan-français est offert par les réseaux
d'écoles catalanes La Bressola et Arrels, du maternel jusqu'au
secondaire (dans ce dernier cas, l'enseignement bilingue se limite à quelques
classes vu qu'il s'agit d'un phénomène encore très récent).
Ces cours ont été suivis en 1993-1994 par 250 élèves
dans quatre écoles. Une commission formée par différents
professeurs et spécialistes européens et désignée
par rinspection Académique de Perpignan, se charge de l'évaluation
des cours de La Bressola. Les résultats démontrent une très
bonne capacité des élèves pour apprendre non seulement le
catalan, mais aussi d'autres langues étrangères, ce qui semble se
devoir à la bonne organisation du bilinguisme institutionnel. Dans
le premier cycle du secondaire (11-15 ans), 12% des élèves suivent
des cours d'une heure hebdomadaire de catalan (seulement durant les deux premières
années). L'enseignement de la langue et de la culture catalanes (trois
heures par semaine) est également disponible dans l'enseignement secondaire
général (13-15 ans et 15-18 ans). Ces cours sont suivis par 4% des
élèves. Finalement, les centres d'enseignement professionnel (14-18
ans) offrent des cours facultatifs de catalan (d'une à trois heures hebdomadaires).
Le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon finance la moitié de
l'horaire des cours. Mais étant donné que renseignement de la langue
catalane au niveau secondaire n'a pas le statut de première langue étrangère
(matière obligatoire) -ce qui aurait permis de renforcer rintérêt
des élèves- les cours de catalan sont suivis par un nombre restreint
d'élèves. L'Université de Perpignan
offre depuis 1982 un DEUG de langue catalane, une Licence de Maîtrise (depuis
1984) et un DEA (également depuis 1984). L'évaluation réalisée
en 1993 par la Commission de l'enseignement du catalan dans les universités
situées hors du territoire de la Catalogne donne le chiffre de 940 étudiants
universitaires de catalan pour la France. Le Département de Catalan de
l'Université de Perpignan, appellé actuellement "Institut
Franco-Català" (IFC) comptait en 1993 avec 6 enseignants titulaires
et 230 étudiants. Il offre des études multidisciplinaires en catalan
(histoire, littérature, langue, art, économie, droit, etc. de tout
le territoire de langue catalane). Les diplômés de catalan de Perpignan
(ce qui représente chaque année une moyenne de 15 à 20 diplômes
de premier cycle, 8 licences, 3 ou 4 maîtrises, 2 ou 3 diplômes d'études
supérieures et 1 doctorat) ont trouvé un débouché
à leurs études dans le secteur des médias, dans le commerce,
l'administration publique et l'enseignement, secteur où, après avoir
connu une situation précaire, le Certificat d'Aptitude pour l'Enseignement
Secondaire du catalan (CAPES), créé en 1992, a ouvert de nouvelles
perspectives. Depuis 1987, des jeunes issus d'autres universités catalanes
(Université de Barcelona, Université Autonome de Barcelona, Université
des Iles Baléares, et Université de València) participent
aux cours de l'université de Perpignan grâce au programme ERASMUS. En
ce qui concerne la formation des adultes et la formation permanente, des initiatives
ont été mises en place par le GREC, l'Associació Politècnica,
l'Escola Catalana, le Centre Cultural Català et le Centre de
Documentació i d'Animació de la Cultura Catalana (CEDACC) de
la Ville de Perpignan; la filiale d'Òmnium Cultural (Òmnium Cultural
Catalunya-Nord); et le Servei de Llengua de lInstitut Franco-Català
(IFC) de l'Université de Perpignan. Quant à
la formation des enseignants, le Département de Catalan de l'Université
de Perpignan offre une formation continue en langue catalane. À l'Institut
de Formation des Professeurs, un professeur donne des cours de langue et culture
catalanes. Aux niveaux maternel et primaire, cet institut limite la présence
du catalan dans la formation des enseignants à tout au plus 35 heures au
cours des deux années de la formation. Le recyclage annuel des professeurs
de secondaire touche la moitié des 50 enseignants qui donnent des cours
de catalan, tandis que seulement 7% des professeurs de primaire suivent ces cours.
Pour compléter leur formation, de nombreux enseignants participent régulièrement
aux cours de formation mutuelle d'enseignants de tous les territoires de langue
catalane, organisés dans le cadre de l'Universitat Catalana d'Estiuqui
se célèbre chaque année à Prada de Conflent. De plus,
le SEDEC de la Generalitat deCatalunya a collaboré avec diverses
associations de la Catalogne Nord pour offrir son expérience en matière
de normalisation linguistique dans l'enseignement. Au cours des deux dernières
années, quelques spécialistes ont fourni leur assistance technique
aux professeurs du cycle de 12 à 16 ans. Par ailleurs, des relations se
sont établies depuis 1989 entre les spécialistes du SEDEC et les
professeurs de niveau primaire des écoles catalanes La Bressola
et Arrels. En ce qui concerne les organismes d'inspection,
la responsabilité administrative de renseignement de la langue catalane
dans les écoles publiques est prise en charge par le Rectorat de l'Académie
(Montpellier) et à l'lnspection Académique de Perpignan (pour le
primaire), tandis que l'IFC de l'Université de Perpignan est chargé
de l'inspection pour le secondaire. En dehors du territoire,
il y a des cours de catalan offerts par quelques universités françaises:
Aix-en-Provence, Lyon, Grenoble, Paris, Rennes, Toulouse, Clermont-Ferrand, Marseille
et Valence, et, il y a quelques années, par des chambres de commerce, où
beaucoup d'élèves se préparèrent pour le Certificat
Internacional de Català qu'offre la Generalitat deCatalunya. Finalement,
une enquête récente révèle que 83% de la population
est favorable à la possibilité que tous les enfants apprennent le
catalan à l'école, et que 57% souhaitent que leurs enfants l'apprennent. [Retour
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3.2. Autorités judiciaires Il
semble que le catalan n'a aucune reconnaissance officielle dans ce domaine. Seulement
dans des cas très exceptionnels des interprètes sont disponibles
(dont les frais sont pris en charge par les intéressés). [Retour
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3.3. Autorités et services publics Le
catalan n'est jamais utilisé dans les rapports entre l'administration de
l'Etat et l'administration régionale avec les citoyens. Sur le plan local,
le catalan est présent dans la vie publique depuis l'intervention dans
le débat politique, dans les années 1970, d'organisations utilisant
le catalan comme langue d!usage habituelle. Par la suite, le développement
croissant des relations administratives avec des entités de la Catalogne
(Generalitat deCatalunya, autorités provinciales, municipalités)
a largement contribué à réintroduire la langue catalane dans
un domaine dont elle était absente depuis plus de deux siècles,
ce qui a créé un impact important sur les attitudes langagières
de la population, même si ces pratiques demeurent généralement
limitées aux seules initiatives transfrontalières. Il semblerait
que la municipalité de Perpignan soit actuellement en mesure de recevoir
en catalan les citoyens qui en font la demande. Par contre,
dans les services publics, seul le français est utilisé (quittances
et factures de téléphone, annuaire téléphonique, indications
à l'hôpital, factures d'électricité, indications au
bureau de poste, affiches et avis au commissariat de police). Quant à la
toponymie, il existe des panneaux de signalisation bilingues à l'entrée
de la plupart des agglomérations, bien que souvent le nom catalan soit
réduit à un usage quelque peu folldorique. En 1993, le Conseil Municipal
de Perpignan décida d'installer des plaques de rues en catalan sur l'ensemble
des voies communales et de signaler progressivement en catalan les entrées
et sorties de la ville. Il semble que près de 70% de la population consultée
soit favorable à l'affichage bilingue. Il n'existe pas d'obstacle majeur
pour que les citoyens puissent adopter et utiliser officiellement les formes catalanes
des noms et prénoms. [Retour au sommaire]
3.4. Mass médias et technologies
de l'information Il semble qu'il n'existe pas une politique
officielle de soutien aux industries de l'information qui utilisent le catalan,
hormis quelques aides ponctuelles, comme c'est le cas pour Ràdio Arrels.
De plus, lorsque l'hebdomadaire El Punt Catalunya Nord ne se publiait qu'en
catalan, la Préfecture des Pyrénées Orientales empêcha
la publication d'annonces officielles sous le pretexte que l'utilisation du catalan
était incompatible avec des annonces de la sorte, bien que la revue respectât
les dispositions légales en vigueur. Le journal l'Indépendant
jouit d'une situation prépondérante en Catalogne Nord, et présente
un taux de pénétration des plus élevés de France:
son tirage est d'environ 50.000 exemplaires par jour (pour une population de 360.000
personnes). Le catalan n'y figure que tous les deux ou trois jours dans de petits
articles culturels. El Punt Catalunya-Nord était
un hebdomadaire d'information locale créé en 1987, comme magazine
autonome de la société de presse El Punt (Catalogne), qui
avait son siège à Perpignan. En 1993, le magazine commença
à introduire l'usage du français, mais suite à son passage
à la couleur sous le nom de Punt Magazine, il a cessé de
paraître depuis début 1994. Il existe quelques
périodiques de diffusion restreinte (environ une centaine d'exemplaires):
L'Alba (culturel), El Fiçó (satyrique) et Terra
Nostra (revue culturelle trimestrelle bilingue). A Perpignan, il était
autrefois possible de se procurer des journaux et des magazines édités
à Barcelone ou à Valence, mais le manque de rentabilité a
fait interrompre leur diffusion depuis mai 1994. En ce qui
concerne la radio, les émissions en catalan qui ont le plus d'audience
sont celles de Radio FranceRoussillon (46% de l'audience), qui maintient
une évolution très positive tout au long de ces dernières
années. Ensuite viennent les émissions de Ràdio Arrels,
qui a une audience de 25%. Celle-ci émet sur quatre fréquences F.M.,
24 heures sur 24 en catalan (50 heures de programmes sont produites par la propre
station). A Perpignan, il est possible de recevoir les émissions des stations
de radio de la Catalogne (Catalunya Ràdio, Catalunya Mùsica,
etc.) Une enquête a revelé que 36% des personnes interrogées
déclare écouter occasionnellement ou régulièrement
des émissions en catalan. Les programmes de télévision
de TV et Canal 33 (Chaînes de télévision du
gouvernement régional de la Catalogne - Espagne) sont reçues pratiquement
sur tout le territoire. Les relais qui permettent accéder aux émissions
de la télévision catalane sont financés par les autorités
régionales et locales du Languedoc-Roussillon, ainsi que par quelques aides
de la CE. Près de la moitié de la population regarde les émissions
de la télévision catalane et l'audience générale se
répartit comme suit: France 3 (56%), TV3 (43%), TVE
(Chaîne publique espagnole qui émet 37 heures hebdomadaires en catalan
- 13% du temps d'émission).(14%) et Canal 33(1 1%). Néanmoins,
le rapport annuel réalisé par le Conseil Supérieur de l'audiovisuel
de France présente une baisse du nombre d'heures d'émission en langue
catalane dans les mass-médias français de 27%, entre 1991 et 1992.
En outre, les téléspectateurs rousillonnais de TV3 déclarent
qu'üs ne saississent pas toujours clairement le sens des mots vu que les
émissions utilisent le catalan standard du sud et traitent la plupart des
fois de sujets qu'ils considèrent trop spécifiques (de Barcelone
ou de l'Espagne). Finalement, l'association Arrels est
en train de mettre en place, avec la collaboration de la Generalitat et
l'aide technique de l'entreprise roussillonnaise Tecsol, un service télématique
d'informations sur l'actualité catalane. [Retour
au sommaire]
3.5. Production et industries culturelles La
production littéraire en catalan en Catalogne Nord a traditionnellement
été très riche et singulière, bien que l'expansion
du monolinguisme français et les effets des deux guerres mondiales aient
accentué le recul du catalan dans ce domaine. Dans
les années 50, surgirent de nouveaux mouvements littéraires en catalan,
suite aux nombreux contacts avec les intellectuels exilés de Catalogne,
qui entreprirent la publication de nouveaux livres et collections (les éditions
Proa, la collection Tramuntana). Un groupe d'intellectuels forma
le Grup Rossellonès d'Estudis Catalans (GREC) et la revue SANT
Joan î Barres. La volonté de promotion de la littérature
catalane et la prise de conscience s'accentuèrent en mai 1968, et en 1969,
l'Universitat Catalana d'Estiu fut inaugurée à Prada.
Parallèlement, surgirent de nouveaux dramaturges (ce qui augmenta le nombre
de pièce mises en scène) et chanteurs de la Nova Cançó
Catalana. L'apogée de la prose eut lieu aux alentours des années
70 et 80. La poésie nord-catalane est dignement représentée
par des auteurs dont le prestige arrive à toute l'aire catalane. Actuellement,
l'ensemble de la vie culturelle en Catalogne Nord semble jouir d'une certaine
normalité, qui s'est traduite par exemple par la création du prix
littéraire Vila de Perpinyà Modest Sabaté, l'apparition
des éditions El Trabucaire et la création de la librairie
catalane. Néanmoins, le nombre de livres publiés en catalan dans
la région est encore très limité. En
ce qui concerne les activités théâtrales, le théâtre
populaire connait depuis les années 70 un regain de faveur. Très
localiste, il s'adresse en priorité à une communauté villageoise
dont sont issus auteurs et acteurs: troupes de Ceret, Sureda, Sant Llorenç
de Cerdans, Millars, etc. Deux troupes de comédiens (Ultrera et
Fontfreda) jouent exclusivement en catalan, alors que le groupe Tururut-Màgic
Utòpic, joue en français et en catalan. La
région Languedoc-Roussillon et la municipalité de Perpignan ont
entrepris quelques actions de soutien à l'usage du catalan dans le monde
du théâtre. Quant à la recherche terminologique,
celle-ci fait partie du programme de tous les étudiants de licence de catalan
de Perpignan, et plusieurs maîtrises ont porté sur des vocabulaires
spécialisés. Tous ces travaux sont régulièrement transmis
au TERMCAT (Centre de recherche terminologique de la Catalogne - Espagne) et aux
services de terminologie des universités catalanes d'Espagne. [Retour
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3.6. Le monde des affaires Le
catalan n'est généralement une condition requise que pour accéder
à certains emplois d'attention au public. Dernièrement (juin 1994),
une campagne publicitaire par affiches a été réalisée
en catalan. Cependant, l'usage de la langue dans la publicité à
la télévision est inexistant, et seules quelques rares associations
de chefs d'entreprise ont realisé des campagnes de promotion en catalan.
Les grands surfaces de Perpignan font leur publicité en catalan pour le
"tourisme commercial" provenant de la Catalogne, ce qui a eu pour effet
de développer le bilinguisme français-catalan dans les grands supermarchés
de la région. Il est également de plus en plus fréquent d'utiliser
le catalan dans les rapports informels qui ont lieu dans les petits commerces. [Retour
au sommaire]
3.7. Usage familial et social de la langue Bien
que seule une minorité culturelle très cultivée s'adresse
à ses enfants en catalan, c'est principalement le réseau familial
(bien que le nombre de mariages endogames ait baissé très fort au
cours de ces dernières années) et le cercle d'amis qui prend en
charge la transmission et l'apprentissage du catalan. Ainsi, la grande majorité
des gens (près de 90%) n'ont jamais décidé d'apprendre le
catalan: ils l'on fait "naturellement". Néanmois, les locuteurs
signalent que le fait de parler catalan continue a avoir des connotation négatives
sur le plan du statut social. En ce qui concerne la religion,
la langue majoritaire est le français, sauf demande expresse dans le cas
des mariages et des enterrements. Sur le plan linguistique et culturel, l'église
a traditionnellement joué un rôle ambigu: elle a longtemps conservé
la langue catalane (sermons, choeurs, etc.), et à contribué au maintient
ou à la récupération des manifestations religieuses en catalan,
tout en participant activement au processus d'acculturation à travers les
écoles religieuses et les cours de catéchisme. Malgré tout,
le Conseil Municipal de Perpignan vient d'accepter l'officialité des mariages
civils en catalan. Quant à la vitalité linguistique,
l'opinion générale de la population est plutôt pessimiste:
une proportion élévée de personnes considère que l'usage
du catalan est en régression constante, bien que 50% des gens se disent
très attachés à leur langue. De plus, très peu de
jeunes non autochtones montrent quelque intérêt à apprendre
le catalan. [Retour au sommaire]
3.8. Echanges transfrontaliers Au
cours de ces dix dernières années, de nombreux accords de collaboration
ont été signés avec la Generalitat deCatalunya
par bon nombre d'institutions de la région: le Conseil Municipal de
Perpignan (pour la promotion de la diffusion de la langue catalane); le Conseil
Général des Pyrénées-Orientales (en matière
linguistique); la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Perpignan (pour la
réalisation des épreuves du certificat international de catalan);
et l'Université de Perpignan (en matière linguistique). Par ailleurs,
la Generalitat a collaboré dans les cours de catalan organisés
par Òmnium Cultural de Catalunya Nord et dans d'autres secteurs:
échanges de professeurs, assistance technique, recherche sociolinguistique,
terminologie, élaboration de matériaux didactiques pour renseignement
du catalan, activités de recyclage, avec la participation de professeurs
de la Catalogne Nord dans les cours organisés par la Generalitat, etc.;
formation permanente d'adultes, études sur les procédures d'évaluation,
etc. Il existe aussi une convention entre les petites universités de tous
les pays de langue catalane, dont celle de Perpignan, afin de décerner
des diplômes communs de 3e cycle, ainsi que d'autres accords de collaboration
technique et économique avec les écoles associatives. [Retour
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4. Conclusion La
situation économique marginale du Département des Pyrénées
orientales au sein de la France pourrait s'améliorer à l'aide du
développement de l'Eurorégion, qui inclu le Midi-Pyrénées
et la Catalogne (Espagne). La prise en compte des réalités sud-pyrénéennes
conduit à une sensibilisation linguistique parallèlle et l'importance
de Perpignan comme capitale de l'Eurorégion entraine une promotion des
échanges politiques, culturels et économiques avec Barcelone et,
par conséquent, une promotion du catalan. L'évolution
récente du catalan en Catalogne Nord a été conditionnée
par une francisation continue dirigée par les autorités françaises,
qui s'est étendue des grandes villes aux villages, ainsi que par les vagues
successives de retraités provenant d'autres régions de France. Ces
facteurs ont contribué, en grande partie, à l'érosion de
l'identité catalane et à la rupture de la transmission intergénérationnelle
du catalan. Les jeunes font preuve d'un regain d'intérêt
envers l'apprentissage du catalan. Dans ce sens, le rôle de l'Université
de Perpignan, avec sa propre planification d'études linguistiques du/en
catalan et la création du CAPES de catalan, renforce cette conjoncture
favorable à l'expansion de l'usage du catalan, bien que le développement
de l'enseignement du/en catalan ne soit pas encore suffisant, malgré la
bonne volonté démontrée par les écoles publiques et
le travail réalisé par les écoles privées catalanes.
En outre, bien que jusqu'à il y a peu la transmission du catalan s'était
concentrée dans les petits villages, de nos jours c'est dans les villes
de plus de 5. 000 habitants où se trouvent les attitudes les plus favorables
envers le catalan. Finalement, il faut souligner le développement
du catalan à la radio et l'acceptation majoritaire des émissions
de TV3, bien que la faible incidence publique de la presse écrite
en catalan soit à regretter. [Retour
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