Nederlands / néerlandais/flamand Présentation Données
du rapport Euromosaic
 - Introduction
à la langue
- La
langue dans le pays où elle est parlée
- Données
générales sur la communauté linguistique
- Description
géographique, démographique et linguistique
- Histoire
générale de la région et de la langue
- Statut
juridique et politique officielle
- Présence
et usage de la langue par domaines
- Enseignement
- Autorités
judiciaires
- Autorités
et services publics
- Masse
média et technologies de l'information
- Production
et industries culturelles
- Le
monde des affaires
- Usage
familial et social de la langue
- Echanges
transfrontaliers
- Conclusion
1.
Introduction à la langue Cette
rubrique ne contient pas de données pour cette langue. [Retour
au sommaire]
2.
La langue dans le pays où elle est parlée 2.1.
Données générales sur la Communauté linguistique Le
flamand est parlé dans le nord-ouest de la France par une population estimée
entre 20 000 locuteurs quotidiens et 40 000 locuteurs occasionnels. Il y est parlé
à coté de la langue française qui est en voie de la remplacer
pour toutes les fonctions et dans tous les domaines de la communication. Il s'agit
d'une variété du flamand occidental qui appartient au sous-groupe
linguistique néerlandais de la famille linguistique germanique, L'existence
du flamand y est attestée dans la toponymie à partir du VIIIe siècle,
dans des gloses au IXe, puis dans des textes administratifs du XIIIe. [Retour
au sommaire]
2.2.
Description géographique, démographique et linguistique La
langue flamande est parlée dans le nord-ouest de la France sur le territoire
entre Dunkerque, Bourbourg, Saint-Omer et Bailleul. Ce territoire comprend grosso
modo l'arrondissement de Dunkerque (Région Nord-Pas-De-Calais). Il est
souvent appellé la Flandre maritime, auparavant on parlait de la Flandre
'flamingante' en opposition avec la Flandre Lilloise ou 'wallingante'. En dehors
de cette région de la France, d'autres variétés de la même
langue sont parlées en Belgique (dans la Flandre et à Bruxelles,
en plus de quelques communes à facilités de la Wallonie) et aux
Pays-Bas, par respectivement 5,6 et 12 millions de locuteurs. En outre, la langue
est utilisée dans d'anciennes colonies néerlandaises, dont les Caraïbes
et Suriname. La langue néerlandaise a par ailleurs donné naissance
à l'afrikaans parlé en Afrique du Sud et en Namibie. La
population totale de la région s'élève à 3 932 939
habitants, c'est-à-dire 7,24% de la population totale de la France, dont
environ 320 000 vivent dans la Flandre maritime. La population du Département
du Nord a connu une diminution d'environ 5 000 habitants entre mars 1982 et janvier
1986, La densité de la population se situe à 317 habitants par km2
et le tiers de la population est âgée de moins de trente ans, tandis
que 16% sont âgés de plus de 60 ans. Des migrations ont lieu, en
particulier à partir des villes vivant de l'industrie minière, sidérurgique
et textile. D'après notre correspondant, le flamand est pratiquement disparu
des zones urbaines. Selon
Röhrig (1987), environ 20% des habitants de la Flandre maritime avaient le
flamand pour langue maternelle. Cependant, seuls 5 % s'en servaient sur une base
quotidienne. Les énormes différences qui peuvent être observées
entre les générations font croire en la disparition de la langue.
Ainsi, la génération des grands-parents utilise le français
dans une proportion de 36%, le flamand 38% et les deux langues 26%, La génération
des parents se sert du français dans une proportion de 75%, du flamand
25% et des deux langues 25%. Quant à la jeune génération,
cette dernière a recours au français dans une proportion de 99%,
du flamand 1%, et des deux langues 8%. Une étude réalisée
en 1981 a aussi permis de constater un déclin dans l'emploi et la connaissance
du flamand chez les jeunes par rapport à leurs parents. Les jeunes n'étaient
que 5% à déclarer utiliser souvent le flamand, comparativement à
54% pour leurs parents; 23% des jeunes l'utilisaient quelques fois, par rapport
à 22% des parents; enfin, 72% des jeunes ne l'employaient jamais, par rapport
à 54% des parents. Pour ce qui est de la connaissance passive de la langue,
11% seulement desjeunes déclaraient en avoir un très bonne connaissance,
par rapport à 46% de leurs parents; 32% des jeunes le connaissait un peu,
par rapport à 23% des parents; puis, 57% n'en avaient aucune connaissance,
par rapport à 31 % des parents. Sur
le plan économique, la région Nord-Pas-De-Calais se trouve en quatrième
position par rapport aux 21 régions de la France si l'on tient compte du
produit intérieur brut, mais compte tenu du grand nombre de sans emploi,
elle tombe au 16ème rang du produit intérieur brut per capitas,
Le taux d'émigration est le plus élevé de toute la France
avec environ 10 000 personnes qui ont quitté la région chaque année
entre 1980 et 1990. Le secteur primaire repose sur l'agriculture et les pêches
et bien que l'agriculture n'occupe que 5,5% de la population, la région
est la troisième région productrice du pays. En ce qui concerne
les pêches, à partir des 140 kilomètres de côte, on
obtient un tiers des prises. Les industries traditionnelles sont le textile, la
construction de machines, la production du verre, et la sidérurgie. Le
nombre des mines de charbon a diminué entre 1945 et 1987 de 109 à
4 seulement. L'industrie textile occupe 70 000 personnes et compte pour un cinquième
des emplois de la région; le quart de la production textile de la France
y est faite. Par ailleurs, la production de l'énergie atomique à
la centrale Gravelines à Dunkerque fournit 12,4% de l'énergie nucléaire
de la France. En outre, la firme métallurgique SOLLAC emploie 15 000 personnes
dans la région. L'industrie alimentaire gagne actuellement de l'importance,
avec des entreprises comme Nestlé, Suchard, Bonduelle ou McCain, Depuis
les années 1970, les pertes d'emplois dans le secteur minier a été
compensée par le développement des services, et en particulier dans
le domaine de la santé et du transport de marchandises. Là
où jusqu'environ l'année 1950 on comptait à peu près
50 000 ouvriers belges, saisonniers ou frontaliers, travaillant dans le Nord,
maintenant l'inverse s'est produit : 50 000 ouvriers nordistes travaillent en
Belgique avoisinante. [Retour
au sommaire]
2.3.
Histoire générale de la région et de la langue Le
flamand a pour origine le francique que les conquérants ont introduit à
la suite du déclin de l'empire romain vers 406 après J.C. Les Flamands
de la France trouvent leurs racines culturelles et linquistiques dans l'appartenance
aux Comtes de Flandres à partir de l'an 892, qui ne sera pas remise en
cause par l'appartenance ultérieure à la France, aux Habsbourg,
à l'Espagne et aux Pays-Bas. La Flandre française a été
intégrée à la France à la fin du XVIIe siècle.
Les Départements du Nord et du Pas-de-Calais ont été créés
en février 1790. Depuis 1713 la Flandre française appartient définitivement
à la France. Le
néerlandais a encore fonctionné dans la Flandre maritime comme langue
littéraire et langue de l'administration locale jusqu'à la Révolution
française. Depuis le flamand a perdu tout lien avec le développement
linguistique et culturel en Belgique et aux Pays-Bas et il ne survit plus aujourdhui
que par la tradition orale. Les liens avec son propre passé linguistique
sont en voie de disparaître en raison de l'acculturation par rapport à
l'ancienne langue maternelle. Au
cours des dernières années, des frictions ont entouré la
lutte menée de 1978 à 1982 en faveur du poste de radio libre Uylenspiegel.
En 1981, l' université populaire d'Hazebrouk, rassemblant une série
d'associations culturelles, a publié un manifeste pour l'enseignement de
la langue maternelle. La mise en place des cours facultatifs de la langue et de
la culture flamande dans six collèges en 1982 a donné lieu à
des rivalités au sujet de l'enseignement du flamand par opposition au néerlandais.
En 1986, on a développé l'enseignement du néerlandais dans
l'enseignement primaire à Wervic-sud. Puis en 1989, on a introduit l'enseignement
du néerlandais à l'école primaire et à l'école
secondaire à Bailleul. Ces deux projets se réalisent grâce
à un programme d'échanges entre la France, les Pays-Bas et la Flandre
belge. Ces initiatives n'ont pas pour premier but d'influencer la politique linguistique,
ni d'éviter l'épanouissement de la langue dans la société. Certes,
il n'y a eu aucun mouvement d'opposition dans le domaine linguistique, mais le
manque d'appui de la part des autorités régionales et nationales
a eu l'effet de dresser des obstacles pour les initiatives qui veulent promouvoir
la langue et la culture traditionellement flamandes. [Retour
au sommaire]
2.4.
Statut juridique et politique officielle La
langue flamande ne jouit d'aucun statut juridique en France, que ce soit dans
les institutions centrales du pays, ou dans les institutions régionales.
Elle n'est reconnue officiellement, ni dans l'administration, ni dans l'enseignement. Selon
notre correpondant, le flamand ne joue aucun rôle sur le plan législatif
à l'exception de la "Circulaire Savary" (Circulaire ministérielle
82-261 du 21 juin 1982) qui promettait un soutien financier pour l'enseignement
des langues régionales à l'école et dans les universités
pendant trois ans. Selon lui, la mise en oeuvre de cette circulaire n'a eu que
très peu d'effet. D'après
les informations recueillies auprès des témoins privilégiés,
la population est d'avis que le gouvernement français ne considère
aucunement que le flamand contribue à l'enrichissement du patrimoine de
la France, mais qu'au contraire il le considère comme de valeur moindre.
Par conséquent, il ne lui fournit aucun appui dans la région. Quant
à l'administration régionale, hormis quelques déclarations
de principes, celle-ci n'aurait rien fait de concret pour appuyer la langue flamande.
Sa politique culturelle serait plutôt hostile envers les locuteurs de cette
langue. [Retour
au sommaire]
3.
Présence et usage du néerlandais par domaine 3.1.
Enseignement La
langue néerlandaise est enseignée en tant que langue étrangère
au niveau de l'enseignement primaire, secondaire et postsecondaire, La responsabilité
de cet enseignement relève du rectorat de Lille, Par contre, le néerlandais
n'est absolument pas employé en tant que moyen d' enseignement . Au
cours des dernières années, on a assisté à une accroissement
important des cours de néerlandais, surtout à Bailleul. La situation
particulière de Bailleul s'explique par des raisons hiStoriques (le néerlandais
est demeuré le médium d'instruction aussi bien sous Louis XIV que
sous la République), mais surtout par l'action de quelques éminents
promoteurs de Bailleul, tel l'actuel bourgmestre Delobel, qui ne parle certes
que très peu le néerlandais, mais qui s'engage fortement afin que
chacun dans ce milieu apprenne cette langue. Cette
tendance vers la croissance vaut en fait pour l'enseignement du néerlandais
en tant que langue étrangère, tandis que l'intérêt
pour le flamand régional continue à diminuer. Les rapports obscurs
entre l'enseignement du néerlandais comme langue étrangère
et le flamand régional conduisent à une incompréhension entre
les employés du secteur de la culture et de l'enseignement, d'une part,
et les activistes flamands, d'autre part. Les mesures politiques pour le soutien
de l'une ou l'autre des deux langues empêchent d'avoir une vue objective,
de même que les mouvements nationalistes qui sont soutenus par la Flandre
belge. Les efforts linguistiques ne jouissent de l'appui ni des linguistes français,
ni de recherches scientifiques. Il existe quelques réglementations pour
l'enseignement de l'histoire et de la culture de la part de l'Etat. Toutefois,
des six collèges qui ont mis en place des cours de flamand à l'origine,
il n'en reste plus qu'un seul aujourd'hui qui offre de tels cours. Il
n'existe pas d'organismes d'inspection concernant l'enseignement du néerlandais,
du même niveau que pour les autres langues européennes. Par ailleurs,
l'Etat n'a pris aucune mesure en vue du soutien, de l'encouragement ou de l'offre
de cours de néerlandais à l'extérieur du territoire. On
ne fait pas l'emploi du néerlandais dans l'éducation préscolaire.
Par contre, dans l'enseignement primaire, on offre le néerlandais comme
matière facultative à Wervic-sud et à Bailleul. A Bailleul,
où l'enseignement du néerlandais fait l'objet de la promotion la
plus active, il y a actuellement 820 élèves qui ont choisi de l'étudier. Le
néerlandais constitue une matière facultative dans quelques écoles
secondaires. Il y a actuellement environ 500 élèves qui ont choisi
le néerlandais. Des livres sont disponibles en néerlandais dans
les domaines de l'histoire et de la géographie, En général,
on observe une augmentation relative dans l'emploi de la langue dans l'enseignement
secondaire. Le
néerlandais est enseigné dans les universités de Dunkerque
et de Lille en tant que langue moderne étrangère, On remarque néanmoins
à ce niveau une diminution de l'intérêt. Il y a actuellement
environ 120 étudiants inscrits en études néerlandaises dans
les universités, une baisse que notre correspondant explique entre autres
par le manque de liens entre la langue comme langue étrangère et
sa présence historique dans la région. Le
gouvernement offre des cours de néerlandais en tant que discipline de la
formation des adultes et de la formation continue. Les initiatives dans ce sens
proviennent généralement d'individus ou de politiciens locaux. La
formation des enseignants de flamand a été mise en place en 1983
à Lille, mais celle-ci a été abandonnée dès
1984. Depuis
des années le professeur de néerlandais à Lille s'efforce
à faire installer le C.A.P.E.S de néerlandais en France. Il est
soutenu dans ces efforts par la Nederlandse Taalunie (Organisme intergouvernemental
flamando-hollandais). [Retour
au sommaire]
3.2.
Autorités judiciaires L'utilisation
du flamand français n'est pas permise devant les tribunaux. [Retour
au sommaire]
3.3.
Autorités et services publics Les
autorités centrales ne font aucun usage du flamand, ce qui nous est confirmé
par les témoins privilégiés, Quant à l'administration
régionale, il semble que l'usage du flamand français n'y soit pas
permis. Son usage serait, d'après les témoins privilégiés,
déconseillé par les autorités officielles. La même
situation existerait , auprès des administrations locales, En somme, l'Etat
ne prend aucune mesure pour assurer l'usage de cette langue dans l'administration
publique. Tous
les services publics sont offerts dans une seule langue, le français. C'est
le cas notamment des quittances et factures de téléphone, du bottin
téléphonique, des indications à l'hôpital, des factures
d'électricité, des indications au bureau de poste ou dans les commissariats
de police. Il n'existe à ce niveau aucun usage du flamand, ce qui est confirmé
par les témoins privilégiés. Il n'est pas possible non plus
pour les usagers d'employer le flamand français dans leurs contacts avec
les divers organismes publics et p ara-publics. Hormis
quelques noms de rues en flamand, toutes les enseignes et la signalisation routière
sont faites en français. Depuis environ cinq ans, les noms des maisons
sont souvent affichés en flamand, ce qui nous a été confirmé
par les témoins privilégiés. Dans
le domaine des noms propres, les toponymes sont employés correctement sous
leur forme traditionnelle. De même, il est possible d'utiliser les noms
de famille flamands, Quant aux prénoms, il est certes possible de choisir
un prénom flamand, mais ce cas demeure plutôt rare. Des
recherches dialectologiques sont menées sur le territoire par l'Université
de Gand en Belgique, mais celles-ci sont incorporés dans l'étude
des dialectes neéerlandais en général et ne tiennent pas
particulièrement compte du flamand français. Aucun centre de recherches
de linguistique ou sociologie en France s'occupe de la situation linguistique
du territoire. [Retour
au sommaire]
3.4.
Mass médias et technologies de l'information L'emploi
de la langue dans les médias n'est pas autorisé de façon
officielle. Presse
quotidienne Il
n'existe pas de quotidiens en flamand. Périodiques Trois
revues régionales françaises : Platch'iou (Dunkerque), Revue de
l'Houtland (Steenvoorde) et Yserhouck (Volkerinckhove) consacrent régulièrement
des articles à des aspects divers du flamand en France et inserrent des
textes en flamand régional ou en néerlandais. Le
périodique KFV-Mededelingen est publié en néerlandais standard.
Il s'agit de l'organe d'information trimestriel du Komitee voor Frans-Vlaanderen
(Comité (belge) pour la Flandre française) qui propose des informations,
un agenda culturel, et des annonces sur le tourisme, l'économie et l'écologie. L'annuaire
bilingue De Franse Nederlanden / Les Pays-Bas français, publié en
Belgique depuis 19 ans publie chaque année une douzaine d'articles scientifiques
(mais rédigés d'une manière vulgarisante) sur la vie culturelle
et économique dans le Nord / Pas-de-Calais, surtout sous l'angle des contacts
transfrontaliers. Il consacre une rubrique à la langue néerlandaise
en France. Radio La
station Radio Uylenspiegel à Cassel diffuse 10% de ses émissions
en flamand, L'émetteur libre a d'abord opéré dans l'illégalité
avant d'être légalisé en 1982. Télévision Il
n'y a pas de chaîne de télévision qui diffuse en flamand. Informatique Le
flamand français n'est pas écrit. [Retour
au sommaire]
3.5.
Production et industries culturelles Les
publications existantes sont surtout des livres scolaires. En 1992, on a publié
un seul livre pour l'apprentissage du flamand régional. Depuis
1989, la section d'histoire du KFV a publié trois brochures. Celles-ci
sont diffusées à l'interne et quelques articles ont été
publiés dans la presse locale. Dans
le domaine de la musique, deux chanteurs peuvent être nommés : M.
Raymond Declercq de Coudekerque et Me. Maryse Collache de Dunkerque. Il
existe une troupe de théâtre belge de la commune frontalière
Westouter qui s'appelle : Volkstoneel voor Frans- Vlaanderen. Des pièces
de théâtre flamandes sont jouées annuellement dans les villages
flamands en France. Du côté cinéma, par contre, de même
que du côté des festivals culturels, aucune activité n'est
à signaler. Quelques
communes apportent leur soutien à des activités culturelles, tel
Bailleul, Hazebrouck et Wormhout. Toutefois, le Centre culturel flamand, qui existe
depuis 1981 àHazebrouckne propose aucune activité actuellement. Il
existe un certain nombre d'organisations non officielles qui s'intéressent
à la promotion de la langue et de la culture néerlandaise, comme
le Centre Michiel De Swaen à Bergues. Par ailleurs, le Komitée Nederlands
Onderwijs et le Komitée voor Frans-Vlaanderen font la promotion de l'enseignement
du néerlandais; le Tegaere Toegaen se consacre à la promotion de
l'enseignement du flamand; le Comitéflamand de la France et l'Association
Foirante sont également actifs. Selon
notre correspondant, l'Etat n'interdit pas les activités culturelles, mais
il fait preuve d'attitudes plutôt opposées aux mouvements flamands.
Pour les témoins privilégiés, l'Etat français ne vient
d'aucune façon en aide à la langue flamande dans le domaine culturel. [Retour
au sommaire]
3.6.
Le monde des affaires La
connaissance du flamand ne constitue en aucun cas une condition pour occuper un
emploi. La
langue n'est jamais utilisée pour la publicité. De même, les
étiquettes et modes d'emploi ne sont pas produits en flamand. Dans
le secteur du commerce et des affaires, le flamand ne joue plus aucun rôle.
Il semble d'ailleurs que les autorités régionales et locales n'aient
pas développé de politiques par rapport à la promotion ou
à la restriction de l'usage de la langue dans les activités économiques
ou sociales. [Top
of page]
3.7.
Usage familial et social de la langue Depuis
la Seconde Guerre mondiale, l'emploi du flamand au sein de la famille a diminué
à un pourcentage infime. Le flamand n'est plus vraiment utilisé
que dans un petit nombre de familles. Le début de cette évolution
remonte à la période de l'Entre-deux-guerres et depuis un bouleversement
total est survenu dans le domaine de l'usage des langues. Les
jeunes qui nouent des relations entre eux se servent du français à
cette fin et on peut donc dire que la totalité des ménages sont
de nature endogames, c'est-à-dire de langue française. Par ailleurs,
s'il existait encore une différence dans l'éducation linguistique
des jeunes filles dans les années trente, celles-ci étant davantage
initiées au français, il n'existe plus aucune différence
aujourd'hui. Si
environ 20% des prêtres parlent le flamand français, les messes ne
sont chantées en flamand que très sporadiquement. Le catéchisme
existe en version bilingue, dont la dernière édition remonte à
1936, mais il n'est plus enseigné en flamand depuis la dernière
guerre. Il n'existe pas par ailleurs de traduction de la bible en flamand. Sur
le plan des attitudes, on associe généralement la langue flamande
à une infériorité et à un caractère rétrograde.
La plupart des locuteurs considèrent que la langue aura complètement
disparu d'ici une ou deux générations. Ils voient la langue comme
quelque peu utile pour l'avenir, contrairement aux personnes qui ne parlent pas
la langue, qui eux considèrent cette langue comme peu utile. Par ailleurs,
malgré que les jeunes soient quelque peu intéressés à
apprendre la langue en tant que langue étrangère, ceux-ci ne l'utilisent
pas dans leurs comportements quotidiens. Ceux qui en ont encore une connaissance
passive, témoignent que ça leur facilite à apprendre les
autres langues germaniques. L'intérêt
pour les cours de néerlandais augmente chez les jeunes francophones, bien
que le nombre de jeunes qui parlent la langue demeure en minorité. [Retour
au sommaire]
3.8.
Echanges transfrontaliers L'expérience
des cours de néerlandais aux niveaux primaire et secondaire depuis 1986
a été menée dans le cadre d'un programme d'échanges
entre la France, la Flandre belge et les Pays-Bas. Toutefois, comme le flamand
français est considéré comme une variété du
néerlandais, on a tendance à ne pas en tenir compte à titre
de langue régionale autochtone. Il
existe en outre des contacts dans les domaines du commerce, du tourisme et de
la protection de l'environnement. [Retour
au sommaire]
4.
Conclusion Le
flamand français ne jouit d'aucune reconnaissance formelle en France, si
l'on fait exception d'une circulaire ministérielle en 1982 qui était
censée en faciliter l'enseignement. Malgré l'obstacle supplémentaire
que représente l'absence d'une forme écrite pour le flamand français,
sa parenté avec le néerlandais, qui est l'une des langues officielles
et de travail de l'Union européenne, pourrait contribuer à son maintien.
En outre la connaissance du néerlandais est indispensable pour comprendre
l'arrière plan historique et les racines culturelles et linguistiques en
général de la région. Cette connaissance sera en même
temps extrèmement favorable aux contacts économiques et touristiques
avec les voisins belges et néerlandais. [Retour
au sommaire] ©Euromosaic |